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Les Cahiers Alexandre Dumas
Christine à Fontainebleau
Cahier N°28
'est
le premier drame d'un jeune homme qui annonce du talent ».
La phrase n'est pas extraite d'une critique théâtrale
favorable à l'auteur, mais d'un rapport de censure, d'une
rare clairvoyance, daté du 7 juin 1828.
La
genèse de l'uvre remonte très précisément
au 9 novembre 1827 : Alexandre Dumas visite le Salon et s'émeut
devant un bas-relief de Félicie de Fauveau, Le
Meurtre de Monaldeschi. La pièce du dramaturge de
vingt-cinq ans, inspirée de cette tragique histoire, est
définitivement reçue au Théâtre-Français
à peine six mois plus tard. Un laps de temps relativement
court, mais qui porte déjà les marques de la carrière
qui va suivre : Dumas capte l'intérêt de Charles Nodier
et du Baron Taylor, entame d'âpres discussions avec ses confrères,
connaît ses premiers démêlés avec les
directeurs de théâtres et en toutes circonstances,
manifeste un caractère hors du commun.
La pièce, publiée ici dans sa première version
jusqu'ici inédite, est suivie de commentaires et analyses
qui en enrichissent la lecture : un dictionnaire des personnages
et personnes citées dans l'uvre, un dictionnaire des
comédiens, des repères chronologiques, une importante
correspondance, etc..
Extrait de l'avant-propos (par Claude
Schopp) :
« Le 20 mars 1828, le Comité d'Administration
de la Comédie-Française, représenté
par Armand, Devigny, Monrose, Granville, Menjaud, Saint-Aulaire,
et Samson, recevait à corrections une tragédie
en 5 actes intitulée Christine
à Fontainebleau.
« Le jeune auteur, Alexandre Dumas, employé dans
les bureaux du duc d'Orléans, n'avait produit jusque là
que des poèmes de circonstances (Elégie
sur la mort du général Foy, Canaris,
Galerie lithographiée de Mgr.
Le duc d'Orléans) ou des vers fugitifs de keepsakes
(L'Almanach dédié aux demoiselles,
Le Petit Portefeuille des Dames,
Le Chansonnier des Grâces,
L'Almanach des Dames, La
Psyché), deux vaudevilles (La
Chasse et L'Amour, La
Noce et l'Enterrement), trois nouvelles (Nouvelles
contemporaines), une adaptation de Schiller, Fiesque,
qui sera refusée le 14 mai 1828, et de la critique littéraire.
« Il n'appartenait donc qu'à la roture des Lettres.
Cette réception au Théâtre Français lui
confère ses lettres de noblesse, confirmées par la
réception définitive à l'unanimité de
la tragédie, le 30 avril 1828. »
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