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Ils ont dit de Dumas
Gustave Flaubert : « A
la manière d'une lanterne magique »
aisons
venir quelques romans historiques ! » Ils lurent d'abord Walter
Scott. (...) Après Walter Scott, Alexandre Dumas les divertit
à la manière d'une lanterne magique. Ses personnages,
alertes comme des singes, forts comme des boeufs, gais comme des
pinsons, entrent et parlent brusquement, sautent des toits sur le
pavé, reçoivent d'affreuses blessures dont ils guérissent,
sont crus morts et reparaissent. Il y a des trappes sous les planchers,
des antidotes, des déguisements, et tout se mêle, court
et se débrouille, sans une minute pour la réflexion.
L'amour conserve de la décence, le fanatisme est gai, les
massacres font sourire. (...)
Pécuchet consultait
la Biographie universelle et entreprit
de réviser Dumas au point de vue de la science. L'auteur,
dans les Deux Diane, se trompe de dates. Le mariage du Dauphin français
eut lieu le 15 octobre 1548, et non le 22 mars 1549. Comment sait-il
(voir le Page du Duc de Savoie) que Catherine de Médicis,
après la mort de son époux, voulait recommencer la
guerre ? Il est peu probable qu'on ait couronné le duc d'Anjou,
la nuit, dans une église, épisode qui agrémente
La Dame de Montsoreau. La
Reine Margot, principalement, fourmille d'erreurs. Le duc
de Nevers n'était pas absent. Il opina au Conseil avant la
Saint-Barthélemy, et Henri de Navarre ne suivit pas la procession
quatre jours après. Henri III ne revint pas de Pologne aussi
vite. D'ailleurs, combien de rengaines ! Le miracle de l'aubépine,
le balcon de Charles IX, les gants empoisonnés de Jeanne
d'Albret ; Pécuchet n'eut plus confiance en Dumas.
Gustave Flaubert
Bouvard et Pécuchet
Chapitre V
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