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Année de publication Genre Collaborateur(s) Epoque du récit Résumé Louis
XVI, Marie-Antoinette, Madame Royale, le Dauphin, Madame Elisabeth fuient
Paris pour se rendre à Montmédy puis en Belgique, alors territoire
autrichien. Si le voyage est minutieusement organisé, de grossières
erreurs sont commises: la Reine refuse de se séparer du roi et de
ses enfants, l'ensemble de la famille royale voyage dans une lourde berline
tirée par six chevaux, ce qui est un privilège royal; Louis
XVI refuse de passer par Reims où il a été sacré
et où il craint d'être reconnu, la berline fait un détour
par Sainte-Menehould et Varennes, dénué de relais de poste;
le départ est retardé d'une journée; les régiments
de dragons et de hussards, placés sur la route pour escorter le roi,
attirent l'attention des paysans, ils sont obligés d'abandonner leur
poste; la voiture prend de plus en plus de retard, le roi ne se presse pas
et ne prend aucune précaution. Finalement il est reconnu à Sainte-Menehould. Le maître de poste, Jean-Baptiste Drouet, est mandaté par la municipalité pour rejoindre la voiture et empêcher le roi de sortir de son royaume. La famille royale est arrêtée à Varennes dans la nuit du 20 au 21 juin. Dès le lendemain, elle reprend le chemin de Paris. Analyse En fait, Dumas nous offre un composé de différents genres littéraires: un livre historique très soigné et documenté mais écrit comme un roman; un récit de voyage, Dumas suit la route emprunté par Louis XVI à 65 ans de distance, il en profite pour nos donner les bonnes adresses qui lui ont été suggérées par Hugo (dommage que ces auberges n'existent plus!); un libelle politique, en plein Second Empire, il défend la thèse républicaine (il réhabilite Drouet et Barnave et affirme que les royalistes avaient tout intérêt à empêcher la fuite du roi, de peur d'une proclamation prématurée de la République); un règlement de compte envers les historiens qui accusent les romanciers de ne pas se soucier de la vérité historique, Dumas s'approprie les méthodes scientifiques préconisées par Michelet et prouve qu'un romancier peut être plus précis et plus efficace (il ne se contente pas de lire des archives, il se déplace et rencontre les témoins oculaires) qu'un historien. Bien entendu, Dumas, n'est pas exempt de critiques. Son analyse des personnages, et surtout du couple royal, est très marquée par les stéréotypes habituels: Louis XVI est un bon gros roi, un peu benêt, ne pensant qu'à manger et dormir; Marie-Antoinette est une maîtresse femme, colérique et particulièrement fière de sa position. L'analyse est souvent très manichéenne, ce qui donne de merveilleux personnages de romans malheureusement assez éloignés de la «réalité» historique. Enfin, le plan de l'ouvrage est parfois un difficile à suivre. Quoi qu'il en soit, je conseille vivement la lecture de ce petit livre qui se dévore d'une traite. Je ne regrette qu'une chose: la fuite de Louis XVI a réellement eut lieu, Dumas tenu par la rigueur historique, ne peut pas réécrire la fin de l'aventure ; imaginez les gardes du corps et les hussards emportant le roi, la reine et le dauphin sur leurs chevaux et traversant à gué le petit cours d'eau de Varennes... Delphine Dubois |
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