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Vingt ans après
Titre
Vingt ans après.
Deuxième volume de la trilogie comprenant également
Les trois mousquetaires et Le vicomte
de Bragelonne.
Année de publication
1845
Genre
Roman
Collaborateur(s)
Auguste Maquet
Epoque du récit
1648-1649
Résumé
En 1648, il y a bien longtemps que les quatre amis ne se sont pas revus. La Fronde menace: d’Artagnan et Porthos sont, sur le
conseil de Rochefort (qui n’en est pas moins frondeur) recrutés
par le cardinal Mazarin, tandis qu’Aramis et Athos rejoignent
les rangs des rebelles. Les deux premiers tentent vainement d’empêcher
l’évasion du duc de Beaufort, à laquelle participent
les deux derniers. Ceci ne les empêche pas de se jurer une
amitié éternelle.
Ils se retrouvent dans des camps
opposés pendant la guerre
civile anglaise: d’Artagnan et Porthos sont envoyés
par Mazarin porter un message à Cromwell, alors qu’Aramis
et Athos sont appelés par Lord de Winter au secours du roi
Charles 1er. Tous doivent s’unir pour affronter le bras droit
de Cromwell: Mordaunt, fils de Milady, qui a entrepris de châtier
les assassins de sa mère, et qui a déjà tué le
bourreau et de Winter.
Les quatre amis tentent vainement de sauver
Charles 1er, que Mordaunt exécute de sa main. Leur dernier affrontement se déroule
en mer, Mordaunt étant finalement poignardé par Athos
(ils n’ont pas de bol, dans cette famille). Le quatuor rentre
en France où d’Artagnan et Porthos sont, en punition
de leur escapade, emprisonnés par Mazarin.
Ils s’évadent en enlevant le cardinal, auquel les
quatre extorquent la signature de la paix de Rueil, plus quelques
avantages personnels. Lors d’un dernier combat contre les
frondeurs, d’Artagnan est contraint de tuer Rochefort, tandis
que Porthos assomme cette canaille de Bonacieux.
Analyse
Le
héros vieillissant qui se croyait retiré des affaires,
et que l’on vient chercher pour une nouvelle mission, est
aujourd’hui un cliché du récit d’aventures.
C’est peut-être bien Alexandre Dumas qui en est l’inventeur.
Pressé de donner une suite aux Trois
Mousquetaires, il fait
revenir ses héros, chacun ayant une bonne raison pour cela.
D’Artagnan, toujours mousquetaire, se morfond dans un grade
subalterne. Les trois mousquetaires originels ont renoncé au
métier des armes et à leurs noms de guerre. Porthos,
devenu Monsieur du Vallon de Bracieux de Pierrefonds, vit en riche
parvenu et rêve d’un titre de baron. Aramis, alias
l’abbé d’Herblay (ou le chevalier d’Herblay,
selon les circonstances), intrigue pour le compte de sa nouvelle
maîtresse, Madame de Longueville. Athos, comte de La Fère
et de Bragelonne, est poussé par sa fierté nobiliaire.
Plus généralement, si en lisant Vingt
ans après on se dit souvent «hé,
mais j’ai déjà vu ça
quelque part!», c’est que ce deuxième volet
est une mine de personnages et de situations pour le roman populaire,
le cinéma et la bande dessinée: le vengeur qui exécute
ses victimes une à une, les gentils faits prisonniers qui
s’évadent en prenant le méchant en otage...
On remarquera en particulier les personnalités du quatuor
(ou plutôt, ici, des deux duos), peut-être plus caricaturales
que dans Les Trois Mousquetaires,
mais mieux caractérisées:
d’Artagnan, homme fertile en ruses; Porthos, tout en muscles
et aveuglément dévoué au précédent
(bon sang, mais c’est bien sûr! Astérix et Obélix!);
Aramis, toujours aussi affecté, mais intrépide au
combat. Quant à Athos, qui a cessé de boire et de
tuer sa femme, il est devenu l’incarnation de la noblesse
au contact de son fils Raoul, le vicomte de Bragelonne, dont l’amour
pour la jeune Louise de La Vallière annonce déjà la
catastrophe du troisième volet.
Les guerres civiles conduisent
nos héros (et leurs compagnons:
Rochefort, de Winter, les quatre valets) à choisir leur
camp, mais leur affection demeure intacte (alors que les grands,
Anne d’Autriche, Mazarin, s’empressent d’oublier
les services rendus) et parviendra même, indirectement, à ramener
la paix: c’est le message de Vingt
ans après.
Signalons enfin que Dumas et Maquet ont tiré une version théâtrale du roman, intitulée Les mousquetaires.
Vincent Mollet
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