Mes Mémoires Vous êtes ici : Accueil > Accueil > Bibliothèque
Page précédente | Imprimer

Chapitre XXXI


M'appellerai-je Davy de la Pailleterie ou Alexandre Dumas ? – Deus dedit. Deus dabit. – Le bureau de tabac. – Cause de la chute de l'empereur Napoléon donnée par mon maître d'écriture. Ma première communion. – Comment je my prépare.

Deux ou trois jours après notre retour à Villers-Cotterêts, M. Collard vint nous voir ; ma mère causa longtemps avec lui ; après quoi, il la quitta en lui donnant pour le soir rendez-vous chez M. Deviolaine.
Elle alla chez M. Deviolaine, et l'on m'y mena. Comme la dernière fois que j'étais entré dans la maison il y avait nombreuse compagnie force sabres et épaulettes à table. Seulement, cette fois, s'étaient des sabres et des épaulettes russes.
D'ailleurs, la même langue, les mêmes manières, plus polies peut-être, voilà tout.
Je ne comprenais pas que ce fût cela que l'on appelait l'ennemi.
C'est que l'ennemi, ce n'est pas l'homme c'est le principe.
Ma mère et M. Collard causèrent encore. M. Collard partait le lendemain pour Paris ; il promit, à son tour, de passer à la maison avant que de partir.
Le soir, en entrant, ma mère me prit à part, et, avec un visage aussi tendre, mais plus solennel que de coutume :
- Mon ami, me dit-elle, le comte d'Artois, qui a été nommé lieutenant général du royaume ; Louis XVIII, qui vient d'être nommé roi de France, sont tous deux les frères du roi Louis XVI. Ton grand-père, le marquis de la Pailleterie, a servi Louis XVI, comme ton père a servi la République. Voyons, maintenant, écoute bien ceci, car, probablement, tout ton avenir va dépendre de la résolution que nous allons prendre. - Veux-tu t'appeler Davy de la Pailleterie, comme ton grand-père ? Alors tu es le petit-fils du marquis Davy de la Pailleterie, gentilhomme de la chambre de M. le prince de Conti, et commissaire général d'artillerie ; on obtient pour toi une bourse, ou bien tu entres dans les pages, et, en tout cas, tu as une position faite auprès de la famille régnante. - Veux-tu t'appeler Alexandre Dumas tout simplement et tout court, comme ton père ? Alors tu es le fils du général républicain Alexandre Dumas, et devant toi toute carrière est fermée ; car, au lieu d'avoir servi ceux qui règnent, comme ton grand-père, ton père a servi contre eux !... M. Collard part aujourd'hui pour Paris ; il connaît M. de Talleyrand, qui était du Corps législatif avec lui ; il connaît le duc d'Orléans ; il connaît enfin beaucoup de gens de la nouvelle cour. Selon ce que tu décideras toi-même, il va agir. Réfléchis bien avant que de répondre.
- Oh ! il n'y a pas besoin de réfléchir, ma mère ! m'écriai-je ; je m'appelle Alexandre Dumas, et pas autrement. J'ai connu mon père, et je n'ai pas connu mon grand-père ; que penserait donc mon père, qui est venu me dire adieu au moment de sa mort, si je le reniais, lui, pour m'appeler comme mon grand-père ?
Le visage de ma mère rayonna.
- C'est bien ton avis ? dit-elle.
- Et c'est le tien aussi, n'est-ce pas, mère ?
- Hélas ! oui ; mais qu'allons-nous devenir ?
- Bah ! lui dis-je, tu oublies que j'explique le De viris, et que, par conséquent, je sais ce que veut dire la devise de mon père : Deus dedit, Deus dabit. Dieu a donné, Dieu donnera.
- Allons, allons, dit ma mère, va te coucher là-dessus, mon enfant ; tu me fais bien enrager quelquefois, mais, au fond, je suis sûre que tu as un bon coeur.
J'allai me coucher sans trop savoir quelle grande résolution mon instinct filial venait de prendre, et que j'avais très probablement décidé comme l'avait dit ma mère, de l'avenir de toute ma vie.
Le lendemain, M. Collard revint ; il fut décidé qu'il ne demanderait absolument rien pour moi, mais solliciterait seulement un bureau de tabac pour ma mère.
C'était de l'antiquité toute pure : la veuve de l'Horatius Coclès du Tyrol vendant du tabac !
Quant à moi, mon éducation allait se continuer chez l'abbé Grégoire.
J'ai dit chez l'abbé Grégoire, je me trompe, c'est par l'abbé Grégoire que j'aurais du dire.
L'abbé Grégoire avait perdu, dans tout cela, son diplôme de maître de pension.
Je ne sais qu'elle décision de l'Université lui défendait de tenir collège chez lui. Il est vrai qu'il lui était permis de faire des élèves en ville.
Moyennant six francs par mois que ma mère s'engagea à lui payer, je devins son élève en ville.
En outre, je devais prendre des leçons de calcul avec le maître d'école de la ville, Oblet, et continuer mes leçons d'armes avec le père Mounier.
Quant à l'équitation, je l'avais apprise tout seul, comme les soldats romains, en montant à poil les premiers chevaux venus.
Toute mon éducation devait donc se borner à savoir de latin ce qu'en savait l'abbé Grégoire ; à étudier mes quatre règles avec M. Oblet ; et à faire des contres, des feintes et des parades avec le père Mounier.
Celui de tous, il faut le dire, qui était le moins bien partagé, c'était Oblet.
J'ai toujours eu pour l'arithmétique une si profonde antipathie, que je n'ai jamais pu dépasser la multiplication. Aujourd'hui, encore, je suis incapable de faire la moindre division.
Mais, si je n'apprenais pas le calcul avec Oblet, Dieu, qui veillait sur moi, me faisait providentiellement étudier autre chose. Outre une science parfaite de son Barème, Oblet avait une magnifique écriture. Il faisait, à main levée, non seulement toutes les lettres de l'alphabet, comme M. Prudhomme, mais encore des ornements, des coeurs, des rosaces, des lacs d'amour, Adam et Eve, le portrait de Louis XVIII, que sais-je, moi ? des choses merveilleuses.
Ah ! pour la calligraphie, c'était autre chose, j'étais doué ! Quand Oblet venait me donner ma leçon de calcul, et que, pour l'acquit de sa conscience, il m'avait fait faire mes trois premières règles – je l'ai dit, jamais je n'ai dépassé la multiplication – nous prenions de belles feuilles de papier blanc, nous taillions d'avance trois ou quatre plumes en gros, en fin, en moyen, et alors les pleins, les traits et les déliés allaient leur train.
En trois mois, j'avais atteint Oblet, et, si je ne craignais pas de blesser son amour-propre, je dirais que, sur certains points, je l'avais même dépassé.
Ces progrès dans l'écriture faisaient quelque plaisir à ma mère ; mais elle eût mieux aimé le calcul.
- L'écriture, l'écriture ! disait-elle. le beau mérite de bien écrire ! Tous les imbéciles écrivent bien. Mais vois Bonaparte : tu as vingt lettres de lui adressées à ton père ; peux-tu en lire une seule ?
- Aussi, madame, répondait gravement Oblet, M. Buonaparté est-il à l'île d'Elbe.
Oblet, très royaliste, prononçait Buonaparté et traitait l'ex-empereur de monsieur.
- Direz-vous, reprenait ma mère, qu'il soit à l'île d'Elbe pour n'avoir pas su écrire ?
- Pourquoi ne le dirais-je pas ? C'est une thèse à soutenir, madame. On dit que M. Buonaparté a été trahi par ses maréchaux ; moi, je dis : « La Providence a voulu que cet usurpateur ne sût point écrire, que ses ordres fussent illisibles, et que, par conséquent, ils ne pussent être exécutés. » Les maréchaux trahissaient ?... Non, madame ; ils lisaient mal, et faisaient le contraire de ce qui leur était ordonné. De là nos revers, de là nos défaites, de là la prise de Paris, de là l'exil à l'île d'Elbe !
- Mais laissons là Bonaparte, monsieur Oblet.
- C'est vous qui avez mis cet homme sur le tapis, et non pas moi, madame ; moi, je ne parle jamais de cet homme.
- Mais enfin, si Alexandre...
- Si monsieur votre fils, madame, est un jour empereur des Français, comme il aura, ou plutôt comme il a une magnifique écriture, ses ordres seront littéralement exécutés, ou ses maréchaux ne sauront pas lire.
Et ma mère, que cette éventualité ne consolait pas de mon inaptitude au calcul, poussait un gros soupir, et laissait échapper ce mot, le dernier de la conscience lassée, de l'intelligence mise à bout, de la foi prête à douter :
- Enfin !...
Et je continuais mes cinq genres d'écriture, mes pleins et mes déliés, mes ornements, mes coeurs, mes rosaces et mes lacs d'amour avec Oblet.
Et Oblet, il faut le dire, n'était pas de ceux qui traitaient le plus mal l'empereur déchu en l'appelant Buonaparté ; car beaucoup lui contestaient jusqu'à son nom, disaient qu'il ne s'était jamais appelé Napoléon, mais Nicolas le débaptisant ainsi de son titre de lion du désert, les ignorants qu'ils étaient ! pour l'appeler vainqueur des peuples.
Au milieu de tous ces événements, j'atteignis ma treizième année, et il était grandement question de me faire faire ma première communion, événement grave dans la vie de tout enfant, mais plus grave encore dans la mienne.
Si jeune que j'aie été, je me suis toujours senti, en dehors des pratiques extérieures, un sentiment profondément religieux. Ce sentiment, comme un timbre mystérieux et caché, vibre toujours, mais ne résonne réellement que lorsque le frappe un vif sentiment de joie ou de douleur. Dans l'un et l'autre cas, mon premier mouvement, soit de reconnaissance, soit d'affliction, est toujours pour le Seigneur. Les églises, où je n'entre presque jamais – car, pour que j'en franchisse le seuil, il faut, comme Habacuc, que quelque ange m'emporte par les cheveux –, les églises sont pour moi un lieu tellement sacré, que je croirais les profaner en les visitant comme tout le monde, pour satisfaire à un mouvement de curiosité ou à un caprice de religion.
Non, pour que je me décide à entrer dans nos églises du Nord, surtout, il me faut une allégresse ou un chagrin profond. Dans l'un ou l'autre cas, je gagne le coin le plus solitaire, l'endroit le plus sombre – pour Dieu, il n'y a pas d'endroit sombre – et je me prosterne, le plus souvent, contre un pilier où je puisse poser ma tête ; et, là, les yeux fixes, isolé de tout et de tous, je m'absorbe dans une pensée, celle d'un Dieu, Dieu bon, tout-puissant, éternel, infini. Je ne trouve pas une parole à lui dire, pas une prière à lui faire. Que dire à Dieu, et à quoi bon le prier ? Ne voit-il pas le visage derrière le masque, l'impiété derrière l'hypocrisie ? Non, je mets mon corps, mon coeur, mon âme aux pieds de sa miséricorde, mon humilité aux pieds de sa grandeur. Je le bénis dans le passé, je le glorifie dans le présent, et j'espère en lui dans l'avenir.
Mais tout cela n'est pas très orthodoxe, tout cela sent beaucoup son chrétien et très peu son catholique ; aussi craignait-on que je ne donnasse point un exemple de piété très édifiant..
Ceux qui craignaient cela ne comprenaient pas que mon apparente irréligion me venait de trop de religiosité.
Au reste, il en était des prières comme des règles ; je n'avais pu en apprendre que trois : Notre Père, - Je sous salue, Marie, - et Je crois en Dieu.
Encore ne les savais-je qu'en français, et pas à la lettre. On avait voulu me les apprendre en latin ; mais, comme, à cette époque-là, je n'étais pas encore le disciple de l'abbé Grégoire, je m'y étais refusé, disant que je voulais savoir ce que je demandais au bon Dieu ; ce à quoi on m'avait répondu que le bon Dieu entendait toutes les langues.
- N'importe ! avais-je insisté ; ce n'est pas assez pour moi que le bon Dieu comprenne, il faut que je comprenne aussi.
Et j'avais obtenu d'apprendre mes prières en français.
Au reste, malgré mes prières gallicanes et mon peu d'assiduité aux enseignements du catéchisme, il y avait deux personnes qui n'avaient jamais douté de mes dispositions religieuses.
C'étaient ma mère et l'abbé Grégoire.
Il y avait même plus : malgré les duretés de l'abbé Remy, curé de l'église de Villers-Cotterêts, dont l'abbé Grégoire n'était que vicaire, ce dernier obtenait pour moi le suprême honneur de prononcer les Voeux du baptême.
La chose avait été longtemps débattue, et il fallut que l'abbé Grégoire répondit corps pour corps de son élève. On me donna les Voeux du baptême huit jours d'avance, copiés de la plus belle écriture d'Oblet ; le lendemain, je les savais par coeur.
La veille du jour de la cérémonie, ma mère me trouva plongé dans une lecture qui semblait absorber toutes mes facultés. Elle ne douta pas un instant que le livre qui captivait ainsi mon attention ne fût quelque Imitation de Jésus-Christ, quelque Pratique du Chrétien : elle s'approcha doucement, et lut par-dessus mon épaule.
Ce que je lisais, c'étaient les Lettres d'Héloïse et d'Abélard, mises en vers par Colardeau.
Ma mère m'arracha le livre des mains.
- Voilà une singulière lecture, dit-elle, pour se préparer à une première communion !
Je voulus défendre le livre : je trouvais les exhortations d'Abélard fort morales, et les lamentations d'Héloïse fort religieuses. Je voulais savoir en quoi les unes ou les autres pouvaient nuire à la contrition parfaite des péchés que j'avais commis, et dont j'allais recevoir l'absolution le lendemain. Ma mère ne jugea pas à propos de me donner la moindre explication là-dessus. Seulement, comme l'abbé Grégoire passait, elle l'appela. L'abbé Grégoire, constitué juge, prit le livre, lut une demi-page, secoua la tête, et dit :
- En effet, les vers ne sont pas bons.
Et il remit le livre à ma mère.
Je dois dire que je n'étais pas de l'avis de l'abbé, et que je trouvais les vers de Colardeau fort splendides.
Qui avait raison de l'abbé ou de moi ? Je suis fort tenté de croire que c'était ma mère.
Le soir, l'abbé Remy me prit à part, après l'instruction, m'expliqua comment, à cause du nom que je portais, de la position sociale que ma mère tenait dans la ville, et surtout de la recommandation de l'abbé Grégoire, il avait consenti à me laisser dire les Voeux du baptême. Il espérait donc que je comprendrais la grandeur de la mission dont j'étais chargé, et que je m'en montrerais digne.
J'avoue que je ne comprenais pas trop l'admonestation. S'il était, parmi les néophytes, un enfant préparé par ses propres impressions à cette solennelle cérémonie, c'était moi. Je sentis avec amertume cette injustice : c'était la première que l'on commettait envers moi.
Depuis, je me suis un peu habitué à ces fausses appréciations qu'on a faites de mes sentiments, de mon caractère et de ma conduite.
Je passai la nuit presque entière sans dormir : l'idée que j'allais me mettre en communication avec le corps divin de Notre-Seigneur produisait sur moi une émotion profonde ; j'avais des étouffements subits, et une continuelle envie de pleurer. Je ne me trouvais pas digne du grand honneur que j'étais appelé à recevoir. On m'avait fait habiller à neuf pour cette solennité ; j'avais une culotte de nankin, un gilet de piqué blanc et un habit bleu à boutons de métal – le tout exécuté par Dulauroy, le premier tailleur de Villers-Cotterêts.
Une cravate blanche, une chemise de batiste et un cierge de deux livres complétaient cette toilette.
Une cérémonie préparatoire m'avait, au reste, mis à la hauteur de celle-là. La veille, on s'était aperçu qu'un de nos compagnons qui s'appelait, sans doute, Ismal, mais qu'on appelait, par abréviation, Mal, et que je soupçonnais fort d'être juif, n'avait pas été baptisé.
On le baptisa conditionnellement, et nous fûmes choisis, moi et la jeune fille qui, de son côté, disait les Voeux, pour être ses parrain et marraine.
Ma commère était une fort jolie blonde, tirant un peu sur le roux, ce qui ne gâtait rien à l'affaire.
De son nom de baptême, elle s'appelait Laure, comme l'illustre maîtresse de Pétrarque ; quant à son nom de famille, je l'ai complètement oublié. Je devais donc, le lendemain, communier entre deux filleuls à moi : Ismal et Roussy.
Roussy, dont j'avais été le parrain à dix mois, avec Augustine Deviolaine, avait neuf mois de moins que moi, et Ismal neuf mois de plus.
Enfin, l'heure arriva. On sait quelle fête c'était autrefois, dans une petite ville, que la communion des enfants : c'était le pendant de cette belle Fête- Dieu que l'on a supprimée. L'instinct populaire mettait en face l'un de l'autre, avec un respect presque égal, l'extrême faiblesse et la suprême puissance. Toutes les figures étaient rayonnantes, toutes les maisons fleuries. Au reste, avec mes yeux de treize ans, pleins de jeunesse et de foi, peut-être voyais-je cela ainsi.
Ce jour-là, Hiraux fit des merveilles avec son orgue. C'était, en vérité, un grand artiste ; tout ce que la vie a d'adolescence, d'amour et de poésie, il le versa aux pieds du Seigneur en mélodieux accords.
Les détails de la cérémonie m'échappent complètement. J'étais absorbé dans une profonde contemplation. Je me souviens d'un ensemble plein d'espérance et de lumière. Aussi, autant qu'on peut voir dans le ciel avec les yeux de la foi, j'y ai vu ce jour-là, et l'éblouissement fut si vif lorsque l'hostie toucha mes lèvres, que j'éclatai en sanglots, et que je m'évanouis.
M. l'abbé Remy n'y comprenait rien.
C'est que, dès cette époque, il y avait en moi un respect profond pour tout ce qui est saint, une religieuse adoration pour tout ce qui est grand ; toute flamme céleste allumait en moi un foyer intérieur, qui se répandait immédiatement au-dehors comme la lave d'un volcan dont le cratère est trop plein.
Je fus deux ou trois jours à me remettre de cet ébranlement. L'abbé Grégoire vint me voir ; je me jetai dans ses bras en pleurant.
- Mon cher ami, me dit-il, j'aimerais mieux que ce fût moins vif et que cela durât.
C'était un homme plein de sens que l'abbé Grégoire.
Non, cher abbé, cela ne dura point ; non, comme je l'ai dit, je ne fus point l'homme de la pratique religieuse. Il y a même plus, cette fois où je m'approchai de la sainte table fut la seule ; mais – je puis le dire à vous, mort, comme je le dirais à vous, vivant – quand la dernière communion viendra à moi comme j'ai été à la première, quand la main du Seigneur aura fermé les deux horizons de ma vie, en laissant tomber le voile de son amour entre le néant qui précède et le néant qui suit la vie de l'homme, il pourra, de son regard le plus rigoureux, parcourir l'espace intermédiaire, il n'y trouvera pas une pensée mauvaise, pas une action que j'aie à me reprocher.

Chapitre précédent | Chapitre suivant

© Société des Amis d'Alexandre Dumas
1998-2010
Haut de page
Page précédente